Vous gagnez 2 800 € brut et vous vous demandez combien vous toucherez au chômage ? Comptez environ 1 491 € net par mois d’ARE, calculés sur une allocation journalière de 52,47 € brut. Par rapport à votre net de 2 216 €, la perte est d’environ 725 € par mois, soit un taux de remplacement de 67 %.
Le calcul suppose un salaire stable sur toute la période de référence, sans prime, un emploi perdu involontairement (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle) et les paramètres en vigueur en novembre 2026 : l’Unédic n’a pas revalorisé les allocations au 1er juillet 2026, la partie fixe reste donc de 13,18 € et l’allocation minimale de 32,13 € par jour.
Calcul de l’ARE pour 2 800 € brut, étape par étape
France Travail additionne les salaires bruts des 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), puis les divise par le nombre de jours calendaires de la période. Avec un salaire stable, le salaire journalier de référence (SJR) revient à 2 800 × 12 ÷ 365 = 92,05 €. Deux formules sont ensuite comparées et la plus favorable est retenue, dans la limite de 75 % du SJR.
| Étape | Montant |
|---|---|
| Salaire de référence (24 mois) | 67 200 € |
| Salaire journalier de référence (SJR) = ÷ 730 jours | 92,05 € |
| Formule 1 : 40,4 % × SJR + 13,18 € | 50,37 € |
| Formule 2 : 57 % × SJR | 52,47 € |
| Minimum 32,13 € · plafond 75 % du SJR | 69,04 € |
| Allocation journalière brute retenue | 52,47 € |
| Allocation brute mensuelle (× 30 jours) | 1 574 € |
| Avec un 13e mois (SJR 99,73 €, soit 1 616 € net/mois) | 56,84 € |
Au-delà de 2 415 € brut par mois, c’est la formule 57 % du SJR qui donne le meilleur résultat : ici 52,47 € contre 50,37 € pour 40,4 % + partie fixe. La partie fixe ne joue donc plus aucun rôle et votre allocation brute représente exactement 57 % de votre salaire journalier, soit 56 % de votre brut mensuel.
Les primes comptent : un 13e mois versé dans la période de référence fait passer l’allocation à 56,84 € par jour. Les indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) et les congés payés versés à la fin du contrat sont, eux, exclus du calcul. Voir le guide du calcul de l’ARE étape par étape.
Du brut au net : combien touchez-vous vraiment ?
Votre allocation brute (52,47 € par jour) est inférieure au seuil de 61 € : elle est donc exonérée de CSG et de CRDS. Seule la cotisation de retraite complémentaire de 3 % du SJR est prélevée (2,76 € par jour). Cette exonération dure jusqu’à environ 3 255 € brut de salaire : au-dessus, l’allocation dépasse 61 € et la CSG s’applique.
| ARE | Par jour | Par mois |
|---|---|---|
| Allocation brute | 52,47 € | 1 574,14 € |
| Retraite compl. (3 % SJR) | −2,76 € | −82,85 € |
| CSG + CRDS | 0,00 € | 0,00 € |
| Net avant impôt | 49,71 € | 1 491,29 € |
| Impôt (PAS 0,0 %) | 0,00 € | |
| Net après impôt | 1 491,29 € |
L’ARE est imposable : France Travail applique le prélèvement à la source avec le taux transmis par l’administration fiscale, ou le taux neutre si vous n’en avez pas. Le détail des retenues est expliqué dans notre article sur l’allocation chômage brut en net.
Taux de remplacement : le chômage par rapport à votre salaire
Le taux de remplacement mesure la part de votre salaire net que l’allocation remplace. À 2 800 € brut, il atteint 67 % : vous perdez environ 725 € par mois. Le taux reste stable autour des deux tiers du net tant que l’allocation échappe à la CSG.
À 2 800 € brut, une allocation encore exonérée de CSG
Avec 52,47 € par jour, votre allocation reste sous le seuil d’exonération de 61 € : aucune CSG ni CRDS n’est prélevée, quel que soit votre revenu fiscal. Ce seuil correspond à un ancien salaire d’environ 3 255 € brut par mois. Juste au-dessus, un mécanisme d’écrêtement évite un effet de seuil brutal : la CSG ne peut pas faire passer l’allocation nette sous 61 €.
En revanche, le prélèvement à la source s’applique mais le taux neutre est nul à ce niveau : seul votre taux personnalisé peut entraîner une retenue. Pensez à vérifier votre taux sur impots.gouv.fr : il a été calculé sur vos salaires, plus élevés que l’allocation, et peut être modulé à la baisse.
La dégressivité ne vous concerne pas : il faudrait un salaire supérieur à 4 940 € brut (SJR de plus de 162,40 €) pour que l’allocation baisse au 7e mois.
Combien de temps toucherez-vous 1 491 € par mois ?
La durée d’indemnisation dépend du nombre de jours de la période de référence, multiplié par le coefficient de 0,75 en vigueur depuis février 2023 : 24 mois travaillés donnent ainsi 18 mois de droits. La durée minimale est de 6 mois (182 jours) et la durée maximale de 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois à 55-56 ans et 27 mois à partir de 57 ans.
| Travaillé · âge | Durée | Total net* |
|---|---|---|
| 6 mois · < 55 ans | 6 mois | 9 047 € |
| 12 mois · < 55 ans | 9 mois | 13 620 € |
| 18 mois · < 55 ans | 13,5 mois | 20 431 € |
| 24 mois · < 55 ans | 18 mois | 27 241 € |
| 36 mois · 55-56 ans | 22,5 mois | 34 051 € |
| 36 mois · 57 ans + | 27 mois | 40 861 € |
* Total net avant impôt, sans reprise d’emploi. Pour en savoir plus : durée du chômage 2026 et chômage des seniors.
Rupture conventionnelle, licenciement ou fin de CDD à 2 800 € brut
Le montant journalier est le même quel que soit le motif de fin de contrat. Ce qui change depuis le 1er septembre 2026, c’est la durée après une rupture conventionnelle individuelle : elle est plafonnée à 15 mois (456 jours) avant 55 ans et à 20,5 mois (624 jours) à partir de 55 ans, pour les contrats qui prennent fin à compter de cette date.
| 24 mois travaillés, < 55 ans | Durée | Total net* |
|---|---|---|
| Licenciement, fin de CDD | 18 mois | 27 241 € |
| Rupture conventionnelle (dès le 1/9/2026) | 15 mois | 22 668 € |
| Écart | −3 mois | −4 573 € |
Pour un salaire de 2 800 €, la rupture conventionnelle « coûte » donc jusqu’à 4 573 € d’allocations si vous restez au chômage jusqu’au bout de vos droits. Les indemnités supra-légales négociées décalent aussi le premier versement (différé spécifique). Voir rupture conventionnelle et chômage et délai de carence.
Reprendre un emploi ou créer une entreprise avec ces droits
Cumul emploi-chômage. Si vous reprenez un mi-temps payé 1 400 € brut, France Travail verse l’ARE mensuelle (1 574 € brut) moins 70 % de ce salaire, soit 594 € brut d’allocation en complément. Votre revenu total atteint alors 1 994 € brut, sans dépasser votre ancien salaire de référence (2 800 €). Seuls 12 jours de droits sont consommés ce mois-là : les 18 autres sont reportés et prolongent votre indemnisation. Détails : cumul emploi-chômage.
Création d’entreprise. Avec 18 mois de droits intacts, l’ARCE représenterait environ 16 345 € (60 % du reliquat, après retenue retraite de 3 %), versés en deux fois à six mois d’intervalle. L’alternative est de garder l’ARE chaque mois, désormais limitée à 60 % des droits restants. Comparatif dans ARCE ou maintien de l’ARE.
Questions fréquentes sur l’allocation chômage
Combien de chômage avec 2 800 € brut par mois ?
Environ 52,47 € brut par jour en 2026, soit 1 491 € net par mois sur 30 jours (avant prélèvement à la source), ce qui représente 67 % de votre salaire net de 2 216 €.
Quel est mon salaire journalier de référence avec 2 800 € brut ?
Avec un salaire stable sans prime, le SJR est de 2 800 × 12 ÷ 365 = 92,05 €. Avec un 13e mois, il monte à 99,73 € et l’allocation à 56,84 € par jour.
Pendant combien de temps vais-je toucher le chômage ?
Jusqu’à 18 mois si vous avez travaillé 24 mois et avez moins de 55 ans, 22,5 mois à 55-56 ans et 27 mois à partir de 57 ans. Après une rupture conventionnelle individuelle dont le contrat prend fin depuis le 1er septembre 2026, le maximum est de 15 mois (20,5 mois à partir de 55 ans).
Mon allocation va-t-elle baisser au bout de 6 mois ?
Non. La dégressivité ne concerne que les anciens salaires supérieurs à environ 4 940 € brut par mois (SJR au-dessus de 162,40 €) : avec 2 800 € brut, votre allocation reste stable.
L’allocation chômage est-elle imposable ?
Oui, l’ARE est soumise à l’impôt sur le revenu et au prélèvement à la source. Au taux neutre, il resterait environ 1 491 € par mois ; votre taux personnalisé peut être différent.
Combien si je reprends un emploi à mi-temps ?
Avec un mi-temps à 1 400 € brut, vous gardez environ 594 € brut d’ARE par mois (allocation mensuelle moins 70 % du salaire), soit 1 994 € brut au total, et vos droits non consommés sont reportés.
Articles liés
Sources et hypothèses
- Unédic, communiqué du 30 juin 2026 : pas de revalorisation au 1er juillet 2026 ; restent en vigueur les montants du 1er juillet 2025 (partie fixe 13,18 €, allocation minimale 32,13 €, plancher ARE-Formation 22,99 €, plancher de dégressivité 92,57 € par jour).
- France Travail, « Données à connaître » au 1er juin 2026 : formule 40,4 % du SJR + partie fixe ou 57 % du SJR, plafond 75 % du SJR, salaire de référence plafonné à 16 020 €/mois (SJR max. 526,86 €), dégressivité (moins de 55 ans, SJR supérieur à 162,40 €, coefficient 30 % au 183e jour), durées 730/913/1 095 jours × coefficient 0,75, durée minimale 182 jours, différés, ARCE 60 %.
- Unédic, fiche « Retenues sociales sur les allocations » (mise à jour du 13 octobre 2026) : retraite complémentaire 3 % du SJR (seuil 32,13 €), CSG 6,2 % et CRDS 0,5 % sur 98,25 % de l’allocation (seuil 61 €/jour).
- Unédic, fiche « Rupture conventionnelle » : durées maximales de 456 jours (moins de 55 ans) et 624 jours (55 ans et plus) pour les fins de contrat à compter du 1er septembre 2026 (avenant n° 3 du 25 février 2026, loi du 11 juin 2026).
- France Travail : allocation mensualisée sur 30 jours depuis le 1er avril 2025 ; Unédic, fiche « Différé d’indemnisation spécifique » (diviseur 111,8 en 2026, 150 jours max.) ; Service-public Entreprendre F15252 (ARCE, vérifié le 13 août 2026).