L’allocation chômage ne commence pas le lendemain de la fin du contrat. Trois délais s’additionnent : le différé congés payés (30 jours maximum), le différé spécifique lié aux indemnités de rupture supérieures au minimum légal (indemnité supra-légale ÷ 111,8, 150 jours maximum) et un délai d’attente de 7 jours. Le premier paiement intervient ensuite au début du mois suivant.
Les trois délais avant l’indemnisation
1. Le différé d’indemnisation congés payés
Il correspond à l’indemnité compensatrice de congés payés versée à la fin du contrat, divisée par votre SJR, dans la limite de 30 jours. Exemple : 1 500 € d’ICCP avec un SJR de 98,63 € (salaire de 3 000 €) = 15 jours.
2. Le différé spécifique
Il concerne les indemnités de rupture qui dépassent le minimum légal (indemnité supra-légale, montant négocié d’une rupture conventionnelle, transaction). Le montant excédentaire est divisé par 111,8 (diviseur 2026), avec un maximum de 150 jours, ou 75 jours en cas de licenciement économique. Les indemnités légales ou conventionnelles minimales ne créent aucun différé.
3. Le délai d’attente
Un délai fixe de 7 jours s’applique à chaque ouverture de droits, mais au plus une fois sur 12 mois.
Exemple : rupture conventionnelle avec 9 000 € de supra-légal
Salarié à 3 000 € brut, 10 jours de congés non pris payés 1 500 €, indemnité de rupture conventionnelle de 16 000 € dont 9 000 € au-dessus de l’indemnité légale :
| Délai | Calcul | Jours |
|---|---|---|
| Différé congés payés | 1 500 € ÷ 98,63 € | 15 |
| Différé spécifique | 9 000 € ÷ 111,8 | 80 |
| Délai d’attente | fixe | 7 |
| Total avant indemnisation | 102 jours |
Les délais courent dès le lendemain de la fin du contrat : inscrivez-vous rapidement, ils s’écoulent même si l’inscription est tardive, mais aucun jour n’est payé avant l’inscription.
Simuler le différé spécifique selon l’indemnité négociée
| Supra-légal | Différé spécifique | ARE « décalée » (3 000 € brut) |
|---|---|---|
| 2 000 € | 17 jours | 905 € |
| 5 000 € | 44 jours | 2 343 € |
| 9 000 € | 80 jours | 4 261 € |
| 12 000 € | 107 jours | 5 699 € |
| 16 770 € | 150 jours | 7 989 € |
| 25 000 € | 150 jours | 7 989 € |
Le différé ne fait pas perdre de droits : il décale le début de l’indemnisation, la durée totale reste la même. Au-delà de 16 770 € de supra-légal (150 × 111,8), le différé n’augmente plus.
Quand le premier paiement arrive-t-il ?
L’ARE est versée mensuellement, à terme échu, après l’actualisation de votre situation sur francetravail.fr à la fin de chaque mois. Depuis le 1er avril 2025, chaque mois complet est payé sur 30 jours. Le premier mois est souvent partiel : seuls les jours indemnisables après les délais sont payés. La demande d’allocation doit être déposée dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat. Inscrivez-vous dès le lendemain de votre dernier jour : vous bénéficiez ainsi tout de suite de l’accompagnement de France Travail, et les délais courent en parallèle. Voir aussi rupture conventionnelle et chômage.
Questions fréquentes sur l’allocation chômage
Quel est le délai de carence du chômage en 2026 ?
Un délai d’attente de 7 jours s’applique toujours, auquel s’ajoutent le différé congés payés (30 jours maximum) et le différé spécifique lié aux indemnités supra-légales (150 jours maximum).
Comment calculer le différé spécifique ?
Divisez la part des indemnités de rupture qui dépasse le minimum légal par 111,8 (diviseur 2026). Le résultat, en jours, est plafonné à 150 jours, ou 75 jours en cas de licenciement économique.
Le différé fait-il perdre des droits au chômage ?
Non. Il décale le début de l’indemnisation, mais la durée totale des droits reste identique.
Les indemnités légales de licenciement créent-elles un différé ?
Non. Seules les sommes qui dépassent l’indemnité légale ou conventionnelle minimale sont prises en compte dans le différé spécifique.
Le délai d’attente de 7 jours s’applique-t-il à chaque fois ?
Non, il ne s’applique qu’une fois par période de 12 mois, même en cas de nouvelles ouvertures de droits.
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Sources et hypothèses
- Unédic, communiqué du 30 juin 2026 : pas de revalorisation au 1er juillet 2026 ; restent en vigueur les montants du 1er juillet 2025 (partie fixe 13,18 €, allocation minimale 32,13 €, plancher ARE-Formation 22,99 €, plancher de dégressivité 92,57 € par jour).
- France Travail, « Données à connaître » au 1er juin 2026 : formule 40,4 % du SJR + partie fixe ou 57 % du SJR, plafond 75 % du SJR, salaire de référence plafonné à 16 020 €/mois (SJR max. 526,86 €), dégressivité (moins de 55 ans, SJR supérieur à 162,40 €, coefficient 30 % au 183e jour), durées 730/913/1 095 jours × coefficient 0,75, durée minimale 182 jours, différés, ARCE 60 %.
- Unédic, fiche « Retenues sociales sur les allocations » (mise à jour du 13 octobre 2026) : retraite complémentaire 3 % du SJR (seuil 32,13 €), CSG 6,2 % et CRDS 0,5 % sur 98,25 % de l’allocation (seuil 61 €/jour).
- Unédic, fiche « Rupture conventionnelle » : durées maximales de 456 jours (moins de 55 ans) et 624 jours (55 ans et plus) pour les fins de contrat à compter du 1er septembre 2026 (avenant n° 3 du 25 février 2026, loi du 11 juin 2026).
- France Travail : allocation mensualisée sur 30 jours depuis le 1er avril 2025 ; Unédic, fiche « Différé d’indemnisation spécifique » (diviseur 111,8 en 2026, 150 jours max.) ; Service-public Entreprendre F15252 (ARCE, vérifié le 13 août 2026).