En principe, une démission ne donne pas droit au chômage, car la perte d’emploi est volontaire. Il existe cependant trois portes de sortie : les démissions considérées comme légitimes par la réglementation, la démission pour projet de reconversion validé, et le réexamen de votre situation après 121 jours de chômage si vous avez cherché activement un emploi.
Les principaux cas de démission légitime
La réglementation d’assurance chômage énumère les situations dans lesquelles une démission est assimilée à une perte involontaire d’emploi. Les plus fréquentes :
- suivre son conjoint (marié, pacsé ou concubin) qui change de lieu de résidence pour un nouvel emploi ;
- mariage ou PACS entraînant un changement de résidence, si la démission intervient peu de temps avant ou après ;
- pour un salarié de moins de 18 ans, suivre ses parents qui déménagent ;
- non-paiement des salaires, justifié par une décision de justice (ordonnance de référé) ;
- actes délictueux subis au travail (violences, harcèlement) ayant fait l’objet d’une plainte ;
- violences conjugales obligeant à changer de résidence, avec dépôt de plainte ;
- démission d’un emploi pour en reprendre un autre (CDI) rompu par l’employeur dans les 65 premiers jours, après au moins 3 ans d’affiliation continue ;
- démission pour créer ou reprendre une entreprise dont l’activité cesse ensuite pour des raisons indépendantes de votre volonté (sous conditions) ;
- démission d’un contrat aidé ou d’un contrat de professionnalisation pour un CDI ou un CDD de plus de 6 mois, ou pour une formation qualifiante.
Chaque cas exige des justificatifs précis : vérifiez auprès de France Travail avant de démissionner.
La démission pour projet de reconversion professionnelle
Depuis novembre 2019, un salarié en CDI peut démissionner et toucher l’ARE pour mener un projet de reconversion réel et sérieux (formation ou création d’entreprise). Conditions :
- justifier de 5 ans d’activité salariée continue (1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois) ;
- bénéficier d’un conseil en évolution professionnelle (CEP) pour construire le projet, avant de démissionner ;
- obtenir la validation du caractère réel et sérieux du projet par la commission paritaire régionale (Transitions Pro) ;
- s’inscrire à France Travail dans les 6 mois suivant la validation, puis démissionner.
France Travail vérifie ensuite, dans les 6 mois, que vous mettez bien en œuvre le projet ; à défaut, l’indemnisation peut être interrompue.
Démission non légitime : le réexamen après 121 jours
Si votre démission n’entre dans aucun cas, vous pouvez demander, après 121 jours de chômage non indemnisé, un réexamen par l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail. Vous devez prouver une recherche active d’emploi (candidatures, entretiens, formations). En cas d’accord, l’ARE est versée à partir du 122e jour, avec la durée et le montant calculés sur votre ancien emploi.
Autre cas : si, après votre démission, vous retravaillez au moins 65 jours ou 455 heures et perdez ce nouvel emploi involontairement, la démission antérieure ne fait en principe plus obstacle à l’ouverture de droits.
Abandon de poste et rupture conventionnelle
Depuis 2023, l’abandon de poste est présumé être une démission après mise en demeure de l’employeur : il ne permet donc plus de toucher l’ARE. Si vous souhaitez partir, la rupture conventionnelle reste la voie qui ouvre droit au chômage, mais avec une durée maximale réduite à 15 mois depuis le 1er septembre 2026.
Questions fréquentes sur l’allocation chômage
Peut-on toucher le chômage après une démission ?
Oui, si la démission est considérée comme légitime (suivi de conjoint, salaires impayés, violences conjugales, etc.), si elle s’inscrit dans un projet de reconversion validé, ou après un réexamen favorable au bout de 121 jours.
Quelles sont les conditions de la démission pour reconversion ?
Avoir 5 ans d’activité salariée continue (1 300 jours sur 60 mois), bénéficier d’un conseil en évolution professionnelle et faire valider le projet par Transitions Pro avant de démissionner.
Qu’est-ce que le réexamen à 121 jours ?
Après 121 jours de chômage suivant une démission non légitime, l’instance paritaire régionale de France Travail peut accorder l’ARE si vous prouvez une recherche active d’emploi.
L’abandon de poste donne-t-il droit au chômage ?
Non, depuis 2023 l’abandon de poste est présumé être une démission, ce qui ne permet pas, en principe, de toucher l’ARE.
Que se passe-t-il si je retrouve un emploi après une démission puis le perds ?
Si vous avez retravaillé au moins 65 jours ou 455 heures et que le nouvel emploi prend fin involontairement, la démission antérieure ne bloque en principe plus l’ouverture de droits.
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Sources et hypothèses
- Unédic, communiqué du 30 juin 2026 : pas de revalorisation au 1er juillet 2026 ; restent en vigueur les montants du 1er juillet 2025 (partie fixe 13,18 €, allocation minimale 32,13 €, plancher ARE-Formation 22,99 €, plancher de dégressivité 92,57 € par jour).
- France Travail, « Données à connaître » au 1er juin 2026 : formule 40,4 % du SJR + partie fixe ou 57 % du SJR, plafond 75 % du SJR, salaire de référence plafonné à 16 020 €/mois (SJR max. 526,86 €), dégressivité (moins de 55 ans, SJR supérieur à 162,40 €, coefficient 30 % au 183e jour), durées 730/913/1 095 jours × coefficient 0,75, durée minimale 182 jours, différés, ARCE 60 %.
- Unédic, fiche « Retenues sociales sur les allocations » (mise à jour du 13 octobre 2026) : retraite complémentaire 3 % du SJR (seuil 32,13 €), CSG 6,2 % et CRDS 0,5 % sur 98,25 % de l’allocation (seuil 61 €/jour).
- Unédic, fiche « Rupture conventionnelle » : durées maximales de 456 jours (moins de 55 ans) et 624 jours (55 ans et plus) pour les fins de contrat à compter du 1er septembre 2026 (avenant n° 3 du 25 février 2026, loi du 11 juin 2026).
- France Travail : allocation mensualisée sur 30 jours depuis le 1er avril 2025 ; Unédic, fiche « Différé d’indemnisation spécifique » (diviseur 111,8 en 2026, 150 jours max.) ; Service-public Entreprendre F15252 (ARCE, vérifié le 13 août 2026).