Reprendre un emploi ne fait pas perdre l’allocation chômage. Chaque mois, France Travail verse l’ARE mensuelle moins 70 % du salaire brut de la nouvelle activité, sans que le total ne dépasse votre ancien salaire de référence. Les jours non payés ne sont pas perdus : ils sont reportés et prolongent vos droits.
La formule du cumul
ARE versée = ARE mensuelle (AJ × 30) − 70 % du salaire brut repris
dans la limite : ARE + salaire ≤ salaire de référence mensuel
Le nombre de jours indemnisés dans le mois est égal à l’ARE versée divisée par l’allocation journalière, arrondi au supérieur. La différence avec 30 jours reste sur votre compteur. Il faut déclarer la nouvelle activité et son salaire brut lors de l’actualisation mensuelle, puis transmettre le bulletin de paie.
Exemple : ancien salaire de 2 500 € brut
Avec 46,85 € par jour, l’ARE mensuelle brute est de 1 405 €. Le salaire de référence mensuel est d’environ 2 500 €.
| Salaire brut repris | ARE versée | Revenu brut total | Jours consommés | Jours reportés |
|---|---|---|---|---|
| 400 € | 1 125 € | 1 525 € | 25 | 5 |
| 800 € | 845 € | 1 645 € | 19 | 11 |
| 1 200 € | 565 € | 1 765 € | 13 | 17 |
| 1 600 € | 285 € | 1 885 € | 7 | 23 |
| 2 000 € | 5 € | 2 005 € | 1 | 29 |
À partir d’environ 2 008 € de salaire brut repris, l’ARE versée tombe à zéro, mais les droits restent intacts pour plus tard.
Création d’entreprise et activité non salariée
Si vous créez une entreprise, vous pouvez cumuler l’ARE avec les revenus de votre activité. Depuis le 1er avril 2025, pour les droits ouverts depuis cette date, le cumul est limité à 60 % des droits restants au jour de la création ; les 40 % restants ne peuvent être versés, après examen par l’instance paritaire, que si l’activité ne dégage pas de revenu ou cesse. L’alternative est de demander l’ARCE, un capital égal à 60 % du reliquat. Voir ARCE ou maintien de l’ARE.
Bon à savoir
- Le cumul joue aussi avec un CDI à temps partiel ou des missions d’intérim, tant que l’ARE versée n’est pas nulle.
- Les heures travaillées pendant l’indemnisation comptent pour un rechargement futur des droits (130 jours ou 910 heures).
- En cas de dégressivité, le calcul se fait sur l’allocation réduite.
- Exemple avec un ancien salaire plus élevé : à 4 000 € brut, l’ARE mensuelle brute est d’environ 2 249 € ; un emploi à 1 500 € brut laisse encore 1 199 € d’allocation, soit un revenu brut total de 2 699 €.
- Une activité conservée (déjà exercée avant la perte d’emploi) n’entre pas dans ce calcul : ses revenus se cumulent sans réduire l’ARE, sous conditions.
Questions fréquentes sur l’allocation chômage
Comment est calculé le cumul emploi-chômage ?
France Travail verse chaque mois l’ARE mensuelle moins 70 % du salaire brut de l’activité reprise, sans que le total salaire plus allocation ne dépasse votre ancien salaire de référence mensuel.
Perd-on ses droits au chômage en reprenant un travail ?
Non. Les jours non indemnisés sont reportés : votre date de fin de droits recule d’autant.
Combien touche-t-on en reprenant un mi-temps ?
Exemple : ancien salaire de 2 500 € brut et mi-temps à 1 200 € brut, l’ARE versée est d’environ 565 € brut, soit 1 765 € brut de revenu total.
Peut-on cumuler chômage et création d’entreprise ?
Oui. Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l’ARE avec une activité non salariée est limité à 60 % des droits restants au jour de la création, sauf examen favorable pour les 40 % restants en l’absence de revenus.
Faut-il déclarer chaque mois son salaire à France Travail ?
Oui, lors de l’actualisation mensuelle, en indiquant les heures travaillées et le salaire brut, puis en transmettant le bulletin de paie.
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Sources et hypothèses
- Unédic, communiqué du 30 juin 2026 : pas de revalorisation au 1er juillet 2026 ; restent en vigueur les montants du 1er juillet 2025 (partie fixe 13,18 €, allocation minimale 32,13 €, plancher ARE-Formation 22,99 €, plancher de dégressivité 92,57 € par jour).
- France Travail, « Données à connaître » au 1er juin 2026 : formule 40,4 % du SJR + partie fixe ou 57 % du SJR, plafond 75 % du SJR, salaire de référence plafonné à 16 020 €/mois (SJR max. 526,86 €), dégressivité (moins de 55 ans, SJR supérieur à 162,40 €, coefficient 30 % au 183e jour), durées 730/913/1 095 jours × coefficient 0,75, durée minimale 182 jours, différés, ARCE 60 %.
- Unédic, fiche « Retenues sociales sur les allocations » (mise à jour du 13 octobre 2026) : retraite complémentaire 3 % du SJR (seuil 32,13 €), CSG 6,2 % et CRDS 0,5 % sur 98,25 % de l’allocation (seuil 61 €/jour).
- Unédic, fiche « Rupture conventionnelle » : durées maximales de 456 jours (moins de 55 ans) et 624 jours (55 ans et plus) pour les fins de contrat à compter du 1er septembre 2026 (avenant n° 3 du 25 février 2026, loi du 11 juin 2026).
- France Travail : allocation mensualisée sur 30 jours depuis le 1er avril 2025 ; Unédic, fiche « Différé d’indemnisation spécifique » (diviseur 111,8 en 2026, 150 jours max.) ; Service-public Entreprendre F15252 (ARCE, vérifié le 13 août 2026).